Sommaire (5 sections)
  1. 01Qu'est-ce qu'une part inconsciente ?
  2. 02Pourquoi parle-t-on de « parts » et non de « parties » ?
  3. 03D'où vient le modèle des parts inconscientes ?
  4. 04Quelle est la fonction d'une part inconsciente ?
  5. 05Comment travaille-t-on avec les parts inconscientes en hypnose ?
01 · Section

Qu'est-ce qu'une part inconsciente ?

Une part inconsciente est une sous-personnalité non consciente, dotée d'une intention positive qui lui est propre, et qui s'exprime parfois à votre place dans certaines situations.

Le terme « part » désigne une entité interne distincte - avec ses désirs, ses peurs, sa logique, son histoire - et non un simple morceau découpé d'un tout uniforme. Chacune a été constituée par votre expérience à un moment donné de votre vie, en réponse à une situation où elle est apparue utile. Une fois installée, elle peut continuer de s'activer longtemps après que la situation d'origine a disparu.

C'est pour cette raison que vous pouvez sincèrement vouloir une chose, et observer une autre part de vous s'en éloigner. Aucune des deux n'a tort. Chacune répond à son propre cadre, à sa propre intention positive - et c'est précisément ce qui rend le travail possible.

02 · Section

Pourquoi parle-t-on de « parts » et non de « parties » ?

On parle de « parts » parce que ce mot exprime l'idée d'une sous-personnalité autonome - avec sa propre logique interne - et non celle d'un fragment découpé dans un tout homogène.

Le glissement de vocabulaire n'est pas anecdotique. Dire « une partie de moi voudrait… » suggère une fraction passive, un simple morceau. Dire « une part de moi pense… ressent… veut… » reconnaît à cette entité interne une capacité d'agir, de se positionner, de négocier. C'est cette reconnaissance qui ouvre l'espace du dialogue intérieur.

Dans l'ensemble du cursus EFTH et dans la Méthode Genèse®, le vocabulaire est tenu : on parle toujours de parts - internes, inconscientes - jamais de parties.

03 · Section

D'où vient le modèle des parts inconscientes ?

Le modèle des parts inconscientes émerge dans la psychologie contemporaine au cours du XXe siècle - à partir des années 1950 avec John Watkins, puis dans les années 1970-1990 à travers le Voice Dialogue de Hal et Sidra Stone et l'Internal Family Systems de Richard Schwartz. Trois cartographies indépendantes qui se recoupent autour d'une même intuition : la psyché est pluraliste.

Un état du Moi est un système organisé de comportements et d'expériences dont les éléments sont reliés entre eux par des principes communs, et qui est séparé des autres états par une limite plus ou moins perméable.

- John & Helen Watkins, Ego States Theory and Therapy (1997)

Chez Watkins, qui développe son modèle à partir de la dissociation traumatique, les parts sont des organisations internes stables, accessibles par l'état modifié de conscience. Hal et Sidra Stone, depuis le terrain jungien, proposent le Voice Dialogue : on s'adresse directement à chaque sous-personnalité, on lui donne la parole, on l'écoute parler à la première personne. Pour eux, chaque sous-personnalité possède sa propre voix, son propre point de vue, sa propre histoire - et le travail consiste non pas à la faire taire, mais à la connaître.

Richard Schwartz, plus tard, formalise dans l'Internal Family Systems une grammaire désormais largement diffusée : les parts sont distinguées selon leur fonction (protectrices, exilées, gestionnaires) et toutes, sans exception, portent une intention positive. Le travail consiste à entrer en relation avec chacune, à comprendre ce qu'elle cherche à préserver, à libérer ce qu'elle protège.

Trois écoles, trois langages, une même découverte : la psyché humaine est pluraliste, dialogique, et accessible.

04 · Section

Quelle est la fonction d'une part inconsciente ?

Chaque part inconsciente porte une intention positive - un projet bénéfique de protection, d'expression, ou d'apaisement - même lorsque sa stratégie semble dysfonctionnelle vue de l'extérieur.

C'est le principe central, partagé par les trois écoles : il n'existe pas de part « mauvaise ». Une part qui produit un symptôme - une angoisse, une compulsion, un blocage - n'agit pas contre vous. Elle agit pour vous, selon ce qu'elle a appris à un moment de votre histoire. Sa stratégie peut être devenue obsolète, contre-productive, voire douloureuse - son intention reste positive.

Cette distinction entre intention positive et stratégie est ce qui rend le travail thérapeutique respectueux : on ne combat pas la part, on l'écoute, on lui propose une stratégie plus juste pour servir la même intention.

C'est précisément cette logique que la Méthode Genèse® opérationnalise : le comportement est une stratégie, et toute stratégie peut être renégociée. L'intention positive, elle, est respectée intégralement - elle est même le point d'appui à partir duquel le changement devient possible.

05 · Section

Comment travaille-t-on avec les parts inconscientes en hypnose ?

Dans la Méthode Genèse®, on travaille avec les parts inconscientes en état modifié de conscience à travers trois opérations enchaînées : reconnaître la part, dialoguer avec elle pour mettre au jour son intention positive, négocier avec elle une stratégie nouvelle.

  • Reconnaître - par les signaux corporels, émotionnels ou comportementaux, on identifie la présence d'une part active. On lui donne, si elle l'accepte, un nom ou une image. La spatialisation - placer la part à un endroit précis, dans le corps ou autour du corps - la rend dialoguable.
  • Comprendre l'intention positive - par le dialogue direct (modèle Stone) ou par signaling hypnotique, on demande à la part ce qu'elle cherche à préserver. La réponse n'est jamais le comportement de surface ; c'est toujours une intention plus profonde, plus universelle, plus respectable.
  • Négocier - on demande à la part si elle est ouverte à explorer une stratégie plus juste pour servir cette même intention. Le changement, quand il advient, est consenti par la part elle-même. Il n'est jamais imposé.

Cette grammaire est enseignée en Module 4 du cursus Méthode Genèse® sous le nom de négociation des parts. Elle s'appuie sur la qualité de présence du praticien autant que sur la technique : la rigueur procédurale ne suffit pas, c'est la posture qui rend la négociation possible.

La connaissance ne reflète pas une réalité ontologique objective, mais la mise en ordre et l'organisation d'un monde constitué par notre expérience.

- Ernst von Glasersfeld, dans L'invention de la réalité (Watzlawick éd., 1988)

C'est le pari constructiviste qui sous-tend le travail avec les parts : reconnaître la part, c'est lui offrir une place dans la nouvelle construction. Et cette place, négociée plutôt qu'imposée, est ce qui rend le changement durable.